"The Rising Tied" , le très attendu premier opus du "Fort Minor" de "Shinoda" , sortira sur Machine Shop Recordings/Warner Bros., le 22 novembre prochain. Réalisé avec "Jay-Z" (qui a déjà collaboré avec "Linkin Park" sur Collision Course en 2004) à la production exécutive, "The Rising Tied" a été produit et Mixé par "Mike Shinoda" , qui a écrit tous les morceaux, joué de la plupart des instruments et 'veillé au moindre détail'.
Si "Shinoda" a choisi ce nom de "Fort Minor" (= fort mineur) pour illustrer une dynamique entre deux contraires – quelque chose de grand et de 'Fort' contre quelque chose de petit et fluet (ou de sombre musicalement) - le titre de l'album est aussi un jeu de mots. Tous les invités de "The Rising Tied" , explique "Shinoda" , sont des artistes qui sont en train de s'imposer sur la scène musicale. "Styles of Beyond" et Holly Brook , également signés sur Machine Shop, de même que Common, John Legend, Kenna et Black Thought (de The Roots) comptent parmi eux.
Tout en restant un apport essentiel dans la mosaïque de "Linkin Park" , le désir de composer des chansons faisant écho à son expérience de producteur de "Hip-Hop" et de MC a poussé "Mike" à écrire, puis enregistrer un ensemble de titres "Hip-Hop". Alors que ce projet commençait à prendre la forme d'un album solo, il a également jugé essentiel de garder un son * organique *, concoctant ses propres samples et breakbeats avec de vrais instruments et évitant d'avoir recours à des claviers séquenceurs. "The Rising Tied" , tout en canalisant certaines des énergies et des frustrations caractéristiques de "Linkin Park" , dévoile un ensemble de thèmes plus personnels traités dans un creuset résolument Hip-Hop."
"L'album ne constitue cependant pas pour autant un ensemble entièrement homogène. Dans le premier single, * Believe Me * , les bribes d'une relation qui tourne mal résonnent sur un breakbeat sismique, mâtiné de percussions latino et d'une ligne de violoncelle qui témoigne de l'amour de "Shinoda" pour le Rock. Dans * High Road * , avec ses progressions au piano à la Billy Joel, il adopte un ton humoristique même lorsqu'il s'en prend à quelqu'un qui lui a dit autrefois de 's'en tenir aux claviers et de ne pas rapper'.
De l'humour à nouveau avec * Remember The Name * où "Mike Shinoda" transforme la traditionnelle diatribe frimeuse des rappeurs en un subtil appel au respect, tout cela entièrement à la 3ème personne. A la question quelle est la recette du succès ? "Shinoda" répond : “C'est 10% de chance, 20% de talent, 15% de volonté, 5% de plaisir, 50% de douleur et 100% de raison de ne pas oublier le nom."
Dans * Where'd You Go? * , "Mike" développe un autre point de vue surprenant, déplorant le chagrin que cause à leurs proches le départ de certains sur la route. Et "Mike" de préciser : *Where'd You Go * fait pleurer ma femme à chaque fois qu'elle l'entend."
Dans * Right Now * inspiré de Short Cuts, film iconoclaste de Robert Altman, Mike Shinoda, Black Thought et S.O.B. proposent un savant mélange de scènes, invoquées au rythme d'une boucle de piano saccadée, qui relient des vies disparates à n'importe quel moment. Son chauvinisme inspire à "Mike Shinoda" une description très personnelle et inattendue de Los Angeles dans le candide * Back Home *, tandis que le sarcasme domine dans * Petrified *, un pur hymne sur une époque irresponsable empreint de frime, de crainte et avec l'un des beat les plus forts depuis * Wicked * de Ice Cube.
De toute évidence, la chanson la plus atypique de cet album – ou de n'importe quel album, à cet égard – est l'évocation de l'emprisonnement de citoyens japonais par les Etats-Unis durant la 2ème guerre mondiale. * Kenji *, dans lequel on entend les voix de la tante et du père de "Mike" qui ont été interné aux Etats-Unis pendant les années 40, décrit un sombre tableau de la vie de ceux qui ont tout perdu après avoir été envoyé dans ce que l'on appelait alors par euphémisme, des "camps de relogement". Et d'expliquer : " Je suis allé au Musée National des Américains Japonais à Los Angeles l'an dernier et ça m'a rappelé toutes ces histoires qu'on m'avait racontées dans ma famille, sur la manière dont ils avaient été mis dans ces camps d'internement, non pas parce qu'ils avaient fait quelque chose de mal mais uniquement parce qu'il correspondait à un certain profil. Il fallait absoIument que j'écrive quelque chose là-dessus." Avec "Fort Minor" et "The Rising Tied", "Shinoda" a apprécié le fait de pouvoir traiter d'un thème différent des sujets habituels de "Linkin Park".